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Il n'y a pas de livres sans libraire, sauf les invendus

Édition et auto édition - posté par Sabrina

C'est les vacances, ou bientôt pour ceux qui (comme moi) ne sont pas encore partis, mais il fait beau et je me disais en réfléchissant aujourd'hui à ce dont j'allais parler (oui je suis très en retard, et cette lettre n'arrivera pas à 19h pétantes comme d'habitude), qu'il fallait que ce soit léger et gai... Mais ce sera pour la dernière de la saison, la semaine prochaine.  

Donc cette fois encore, j'ai décidé de rester sérieuse et de vous entretenir d'un sujet, sur lequel je reviendrai sûrement : les retours des libraires.
Le libraire, conseillé par le diffuseur, constitue régulièrement son stock de nouveautés. Sauf écrivain très connu, la première mise en place d'une nouveauté est de un à cinq exemplaires par ouvrage par librairie. Ces ouvrages ne sont pas en dépôt vente (sauf chez Amazon, qui n'a d'accord d'achat ferme qu'avec les grands éditeurs) mais achetés par les libraires. Le libraire doit les conserver au minimum 90 jours, puis il peut retourner les invendus et être remboursés. Les invendus, à la charge de l'éditeur, retournent en stock, pour partir quelque temps plus tard au pilon.  

Et alors ? me direz-vous, tout ceci a l'air d'être très bien pensé ; après tout c'est le pari de l'éditeur que de croire dans son livre, et s'il ne trouve pas son public c'est son problème. Oui en effet, tout ceci est très logique, ou plutôt l'était, tant que le nombre de nouveautés sorties par an était à un niveau acceptable, que les libraires avaient les moyens et la surface de gérer et stocker les ouvrages plus longtemps que trois mois, que la "grande" édition ne s'était pas financiarisée et n'était pas dans la course aux best-sellers.  

Or, depuis la fin des années 90 (décennie décidément charnière), la production annuelle de nouveautés est pléthorique (il est sorti jusqu'à 70.000 nouveautés par an ces dernières années), les libraires font face à une augmentation de leur loyer en ville, à des encours accordés par les banques de plus en plus restreints et à un accroissement de manutention, liée à la production, qui a considérablement affaibli leurs marges (et je sais depuis hier soir que l'affaissement de la marge, c'est très grave... mais je vous raconterai ça une autre fois).   

Si vous ajoutez un contexte économique tendu ou une situation politique particulière comme une année électorale (la vente de livres a baissé de 4% cette année), ce n'est pas tant la librairie qui est touchée que l'édition indépendante. Quand plusieurs mois d'affilée, l'éditeur reçoit des factures négatives de son distributeur, il ne peut plus payer ses charges, la fabrication des livres qu'il édite, les droits, les cessions de traduction... et comme la réussite d'un livre s'apparente le plus souvent à la roulette russe, il dépose le bilan. C'est la vie bien sûr... mais c'est surtout la remise en question de la variété éditoriale, l'accès à l'édition d'auteurs inconnus, la pérennité de fonds souvent de qualité.



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