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Le mythe de l'exception culturelle française

Édition et auto édition - posté par Sabrina
José Maria Aznar a dit dans le journal L'Humanité en 2004 : “L'idée de créer une exception culturelle vient des pays dont la culture est en déclin, ceux qui ne connaissent pas ce problème n'ont rien à craindre.”

À l'époque la phrase a provoqué l'ire de la France tant elle était une critique en règle de la politique française depuis Malraux, renforcée par le Ministère de la Culture de Jack Lang.
En effet, dès 1981 Jack Lang a fait passer de nombreuses lois, renforcées au cours des années, pour créer un terreau favorable à la création française. Loi sur le prix unique du livre, mise en place des Fonds régionaux d'art contemporains (les Frac), soutien au Spectacle Vivant, création d'une taxe sur les ressources des chaînes de télévision qui vient alimenter le compte de soutien du CNC... . Aujourd'hui, outre le fait que l'on entend très peu parler de Culture au sein des partis politiques et leurs programmes de gouvernement, l'exception culturelle française s'essouffle, confrontée à un épuisement des crédits tant au niveau du Ministère qu'en régions où la décentralisation a fait supporter aux collectivités le financement de leurs actions ; dès lors, les structures culturelles (musées, monuments, théâtres...) sont sommées de trouver des financements privés afin d'assurer la pérennité de leurs activités (le domaine de Versailles multiplie les expositions d'œuvres contemporaines pour plaire aux mécènes et attirer le public, étranger notamment).

Cette politique, si elle a permis le déploiement de la diversité culturelle, a aussi créé de l'entre-soi, renouvelant des rentes établies de structures proches des différents pouvoirs en place, provoqué des dissensions entre le privé et le public (voir la bataille entre les théâtres privé et le théâtre public ravivée par Bernard Murat), mais ne peut rien face à la logique économique de la distribution notamment (billetterie de spectacles, salles de cinéma...) qui cherche la rentabilité.
Le secteur culturel, qui compte environ 500.000 emplois (les effectifs des professions culturelles ont progressé de +30% ces vingt dernières années), a surtout généré de la précarité : 1 travailleur culturel sur 5 est un indépendant, le temps partiel concerne 25% des actifs et plus d’1 salarié sur 4 a un contrat à durée déterminée.
En matière culturelle, il y a les intentions face à la réalité, le plus souvent cachée sous les bonnes intentions.
La France compte :
- 1200 musées
- 14 200 monuments historiques classés
- 1100 théâtres publics et privés
- 2045 cinémas (sur les 10 films les plus vus en 2016 dans l'Hexagone, 8 sont américains, 1 français et 1 britannique)
- 10 000 maisons d'éditions (20 éditeurs ont plus de 5 000 titres chacun ; 5 000 éditeurs ont moins de 10 titres chacun)
En 2015
- 61,5 millions de visites dans les musées
- 205 millions d'entrées dans les cinémas
- un peu plus d'1 million d'entrées dans les centres dramatiques nationaux
- 25 millions d'entrées dans les représentations payantes de spectacles de variétés
- 363 millions de livres vendus

Le secteur culturel rassemble 2,5% de l’emploi total en France


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